mardi 26 mars 2013

Terzo Girono


20/03/2013



Ce matin, grasse matinée jusque 7:35. Nous avons été réveillés par la préparation du petit déjeuner, juste devant la porte de notre chambre. La douche prise en quatrième vitesse et le petit déjeuner avalé, nous nous apprêtions à partir quand nous avons été alpagués par le réceptionniste de l’hôtel. Sur le coup, nous nous sommes demandés si nous avions fait quelque chose de mal, une bêtise, mais en fait, non. Il voulait simplement savoir si nous serions OK pour changer de Locanda car il avait besoin de notre chambre de manière impromptue. Pas de problème, avons-nous répondu (on n’est pas des gens compliqués nous), juste le temps de monter rassembler nos affaires et de nous acquitter de la taxe de la ville et c’était tout bon. Et comme, en plus, nous sommes de piètres négociateurs, nous n’avons même pas demandé une quelconque rétribution, alors que ça aurait peut-être été une bonne occasion de faire un tour de bateau sur les canaux… bref, nous avons convenu que nous récupèrerions nos sacs et notre nouvelle chambre dans l’après-midi, en repassant à notre hôtel d’origine.

Le programme de la journée avait été défini par Emmanuel (avec mon aval, bien sûr) et devait nous faire découvrir des aspects moins connus de la cité, un peu plus éloignés des circuits touristiques et de l’Histoire Renaissance qui est généralement synonyme de la cité des Doges. Étape numéro « Uno », aller prendre le Vapo (comme disent les Vénitiens) pour rejoindre le quartier du Getto. Sauf qu’une envie plus que pressante me force à demander – à exiger même – un arrêt inopiné. Et c’est ainsi que nous nous sommes retrouvés sur le Mercato Dei Rialto. Après voir assouvis les besoins naturels (pipi) et primaires (café), nous avons particulièrement adoré vagabonder parmi les étalages colorés et odorants. Nous avons même découvert des variétés de fruits et légumes que nous ne connaissions pas ! De tous petits artichauts, d’énormes aubergines (grosses comme des ballons de football), d’étranges radis en forme de salades… dommage que nous n’ayons pas pu goûter mais on s’est régalés avec les yeux. Cela valait vraiment le coup de faire ce détour !
Après cette halte improvisée, nous avons enfin pu reprendre l’itinéraire initial, un peu réaménagé cependant. Nous avons flâné jusqu’à la Chiesa San Giacomo Del Orio, joliment entourée de platanes, idéale pour se poser un petit peu, surtout que grâce au chocolat blanc qu’Emmanuel avait dans le ventre et au magnifique et tout nouveau foulard que j’avais autour du coup, nous ne risquions pas d’attraper froid ! En plus, il y avait un accès wifi à proximité, donc parfait pour donner des nouvelles et en prendre !
Nous avons ensuite marché jusqu’au Casino puis [la Chiesa Madonna Del Orto que nous n’avons malheureusement pas pu visiter (c’est bien la seule jusqu’à présent)]… AH !!! Accidenti ! Je me suis trompée dans la chronologie !! En fait, avant d’arriver à l’église de la Madonna, nous avons été jusqu’au Biasio où nous avons pris le Vaporetto pour un tout petit trajet (d’un seul arrêt, juste de quoi traverser le Grand Canal). De l’autre côté de la rive, nous avons été jusqu’au Getto, objectif de notre périple de la matinée !

Sur la grande place de ce quartier historiquement juif, nous avons été frappés par la configuration des lieux qui faisaient vraiment penser à des cages à lapins. Nous avons appris par la suite que c’était effectivement un peu ça, l’idée, et que, pendant très longtemps, les juifs de Venise, les impurs, étaient cantonnés – voire parqués – à ce petit morceau de terre au milieu de la cité et n’avaient pas là possibilité d’en sortir en dehors des heures de bureau. D’ailleurs, les ponts y menant étaient amovibles et il y a encore les traces des grilles qui fermaient tous les accès à ce secteur. Nous avons visité le musée Hébraïque mais notre Venice Card ne nous a pas permis de pénétrer dans la Synagogue. Emmanuel a bien tenter de gruger mais on s’est vite dit que ce ne serait pas raisonnable et nous avons accepté. De toute façon, il en fallait plus pour nous décontenancer et nous avons donc continué la visite.
Fidèles à nos habitudes, nous avons emprunté le chemin le plus long pour rejoindre le Chiesa Madonna etc.… on notera que, pour une fois, nous y avons admiré la représentation de notre Archange préféré, Gabriel (qui ici est un ange fille, pour de vrai !!). Ah ! Il faut dire qu’ici, la star, c’est Saint Theodore (qui ressemble comme deux gouttes d’eau à saint Michel sauf qu’il ne terrasse pas un dragon, mais une espère de gros iguane). Bref, magnifique lieu de culte et si son ramage se rapporte à son plumage, ça doit vraiment être le top de l’Église Vénitienne (et on en a vu des Églises, ces trois derniers jours !!).

Nos pieds nous ont ensuite portés vers San Sofia. Soyons honnêtes, on avait l’intention d’aller manger au seul Mac Donald’s de Venise. Mais lorsque nous y sommes arrivés, nous nous sommes rendu compte du ridicule de cette envie et nous nous sommes finalement rabattus sur le même type de fast-food à l’Italienne qu’hier et c’était bien, très bien même ! Histoire de brûler les calories ingérées, et parce que la météo avait prédit de la pluie pour ce mercredi, nous avons été jusqu’à la place San Marco pour effectuer la suite du programme que nous nous étions fixés. Cet après-midi, nous avions prévu des lieux fermés. Ainsi, nous avons commencé par visiter la Basilique et, il faut le dire, ce n’était pas tout à fait ce à quoi nous nous attendions. Mais nous avons été impressionnés par la magnificence des lieux, la grandeur et le doré, tout à fait Rococo ! Nous nous sommes même offerts le bonus Les Trésors de San Marco, composés de reliques, d’objets ayant appartenus à des Papes et même des ossements ! Comme nous sommes Français (bah ouai, pas de bol !), je pense que nous pouvons maintenant grogner un peu et être fidèles à la réputation de nos concitoyens : on a eu la sensation, dans la Basilique, d’être les seuls à respecter l’interdiction de photographier. Certains prenaient même appui sur les panneaux d’affichage « No Picture » pour faire leurs clichés ! Du coup, on a un peu honte mais nous avons-nous aussi dérogé à la règle et avons pris quelques photos, sans flash tout de même car nous sommes téméraires mais pas audacieux !

Ensuite, nous avons visité le Palais Ducal. Il ne pleuvait toujours pas dehors (dedans non plus vous me direz !). Cette petite bicoque est, à proprement parlé, EXTRAORDINAIRE ! C’est vraiment gigantesque, magnifique, surprenant ! Je me verrais bien vivre dans un truc comme ça, à condition de ne pas devoir m’occuper du ménage, s’entend !
On comprend mieux comment la cité fonctionnait en autonomie. Le système judiciaire était drôlement bien ficelé et les Vénitiens n’avaient qu’à bien se tenir, vu les geôles de prison (auxquelles ont accède et on sort en passant DANS le Pont des Soupirs. Bref, mieux valait être dehors que dedans !
Nous avons vu (et admiré) la plus grande toile du monde, dans la non moins grande Salle du Conseil et, dans l’armurerie, parmi toute la collection, l’élément qui nous a le plus interloqués a été la ceinture de chasteté. Il n’y avait plutôt pas intérêt à vouloir passer outre, ça ne faisait mal rien qu’à la regarder !
Visite superbe, donc ! Ah ! J’y pense, je n’ai pas encore mentionné l’importance du symbole du Lion ici à Venise. C’est impressionnant, il est absolument partout ! Le Palais des Doges ne fait pas exception et nous en avons vu beaucoup, plus ou moins gros, plus ou moins beaux. Ils nous ont tous fait penser à notre petite Lionne préférée.

Sortis du Palazzo, nous avons fait l’ascension du Campanile, à quelques pas de là. Soyons transparents, ici, grosse déception. Certes, la vue d’en haut est splendide, mais on a vite fait le tour et nous avons trouvé le prix excessif par rapport à ce que c’est, surtout que nous avons fait mieux de par le passé, lors de nos précédents voyages (on pourrait se demander si on ne devient pas un peu blasé, des fois, mais la suite vous prouvera que non !!). Mais, on est aussi sûrs que nous aurions regretté de ne pas y être montés, et, d’en haut, rien n’est pareil, tout est plus beau !
En descendant, re-tour de San Marco, pour se faire mal aux yeux devant le fameux Café Floran. C’est vrai que c’est joli, mais quand même, est-ce bien raisonnable ? Notre cappuccino, nous l’avons bu quelques rues plus loin et il était tout aussi bon. Dans ce petit troquet qui ne payait pas de mine, nous avons pris le temps d’écrire quelques cartes postales et de discuter, de regarder, d’apprécier. Comme il commençait à tomber quelques gouttes, nous avons vite rejoint l’hôtel numéro 1 pour récupérer les valises et entrer en possession de notre chambre, à l’hôtel 2 (pour ne pas nous embrouiller, on avait le même numéro de chambre, 103…). Comme je l’ai exprimé plus haut, j’avais le secret espoir qu’on nous conduirait de l’un à l’autre en bateau, mais non, tant pis ! Au moins, nous n’avions pas à monter les sacs puisque les employés de l’hôtel avaient déjà fait le nécessaire.
Bon, le propriétaire, la visite guidée, ce n’est pas son truc. Mais il était sympa et son attention de nous prêter un parapluie (grand comme un parasol) était charmante. Notre nouvelle mansarde, c’était bon, tout était dedans. Une pause en attendant une heure décente pour aller dîner et nous sommes ressortis. Nos repaires avaient changé mais nous avons quand même trouvé un endroit correct où nous restaurer, juste à côté du Teatro Municipal (à ne pas confondre avec La Fenice). Je me suis essayée aux calamars frits et Emmanuel, friand de nouvelles aventures, a pris des Carbonara (c’est vrai que ça change, mouarf, mouarf, mouarf !...). Forcément, en rentrant, on s’est un peu perdus. Donc re-re-re San Marco. Ce qui a été dit précédemment étant une nouvelle fois avéré, puisque c’était une nouvelle facette de la Piazza que nous avons remarqué, souligné par le fait qu’en plus, elle était quasiment vide de tous les touristes qui l’envahissent en journée.
Nous aurions aimé trouver un endroit où prendre un petit dessert mais après tout le chemin parcouru aujourd’hui, la fatigue a pris le pas (c’est le cas de le dire) sur la gourmandise et c’est tout naturellement que nous nous sommes retrouvés à l’hôtel (presque sans chercher et, bien sûr, en passant devant le 1er !). La journée du lendemain serait chargée et, malgré le fait que le grand beau soleil avait été hier, nous sentions les couleurs sur notre visage… ce devait être le décalage horaire ! (ok, je suis fatiguée, je me tais maintenant !!).

Secondo Giorno


19/03/2013


Au petit matin, après une bonne nuit de sommeil, nous avons ouvert les yeux, repus de repos à 8:30.
  Un petit tour sous la douche multi-jets et hop, c’est parti. Comme le petit déjeuner de l’hôtel n’était servi qu’à partir de 8:00, nous avons décidé de commencer le gambadage « mis-en-appétito » de très bonne heure. Direction le Rialto. Avant cela, petit arrêt dans un café, pour en boire un serré, bien comme il faut au comptoir. Plus efficace qu’une vitamine C quand il est bien corsé !
  A cette heure matinale, seuls les autochtones, assez peu nombreux, parcourent la ville. On la voit s’éveiller grâce au ramassage méticuleux des ordures, à l’étalage coloré de marchandises fraîches, aux rideaux de fer grinçants qui se lèvent en même temps que le soleil. Parce que, aujourd’hui, pas de pluie, elle n’est pas invitée ! Et la luminosité change, chargée de brume et d’aurore (je suis poète ici, je fais du lyrisme !... si, si !). La vue depuis le pont est magnifique et nous offre de beaux panoramas sur le Grand Canal.
  Après cette petite mise en pied, retour à l’hôtel pour une mise en bouche, et c’est le ventre plein que nous repartons, cette fois-ci, pour la journée. Nous avons fait notre programme, nous voulons RENTABILISER nos vacances et profiter du beau temps au maximum !

  Nous prenons donc la direction de la Fondamente Nuove où se trouve l’embarcadère du Vaporetto 4.1 qui nous conduira sur les îles du Nord.
  La première que nous nous offrons est celle du Cimetero San Michele. Dans ce lieu de recueillement et de calme, nous croisons ceux qui, de bon matin, viennent rendre hommage à leurs morts. Des tombes comme chez nous, il y en a ! Y compris celles de personnalités internationales comme Stravinsky. Certaines sont en très mauvais état, malheureusement. Ici, il y a toutes les nationalités (Italiens, Français, Russes, Grecs,…) et presque toutes les confessions (orthodoxes, catholiques, juifs,…). Ce qui nous interpelle le plus, ce sont de grands murs blancs, divisés en carrés. Sur chacun, un ou deux nom(s) et une fleur, naturelle ou en plastique. Il y a jusque six étages de carrés(des columbariums), ce qui représente une hauteur sacrément impressionnante (2,5 m ou 3 m, à vue de nez…). Pour pouvoir déposer les gerbes aux sommets, il y a des escaliers à roulettes un peu partout qui permettent au gens d’atteindre les caveaux les plus hauts.

Il y a aussi des sortes de bâtiments (des caveaux de grandeurs impressionnantes !), une architecture toute en rondeur et en douceur, qui offre ainsi à chacun et aux lieux un peu d’intimité et de sérénité.

Au bout d’un moment, le macabre de la situation nous accable et nous décidons qu’il est grand temps pour nous de laisser les esprits au repos. Et, comme de fait exprès, en attendant le Vaporetto, nous tombons sur une procession. C’est vraiment bizarre de voir un bateau corbillard, et cela répond à un certain nombre de questions que nous nous posions sur la logistique des enterrements. C’est cependant avec discrétion (no Picture, donc) que nous assistons à ce troublant spectacle.
Nous ne sommes pas mécontents de reprendre l’ACTV pour continuer notre périple. La prochaine île est celle de Murano, célèbre pour son verre (non, non, pas celui qu’on boit !!). A peine débarqués, nous faisons déjà tout notre possible pour aller dans un sens opposé aux autres touristes. On aime bien profiter de ce qu’on voit sans les commentaires (parfois désobligeants) des autres visiteurs. Mais l’île n’est pas bien grande et, avouons-le, c’est aussi parfois sympa de faire comme tout le monde. C’est ainsi que nous nous sommes retrouvés dans une manufacture de verre où nous devions assister à la démonstration d’un « maître ». Nous, on n’avait pas saisi que le maître, ce n’était pas celui qui travaillait comme un forcené (et avec la délicatesse d’un artiste) pour reproduire en verre doré un dromadaire. Nous n’avons compris que lorsque le « maître » est arrivé dans l’atelier, apprêté comme un sou neuf, accompagné de son petit conférencier. Là, en deux-temps/ trois-mouvements, il a soufflé un joli petit vase et il a sculpté un mignon petit cheval en verre. La manifestation n’a duré que sept ou huit minutes en tout et pour tout ! Et lorsque la démonstration a été terminée et que quasiment tous les touristes ont été partis, le maître a tout simplement balancé (et cassé) ce qu’il venait de faire. Et son collègue, l’artiste forcené, continuait de travailler sur son dromadaire ! On a été un peu décontenancés mais ravis d’avoir vu œuvrer des ouvriers du verre (les vrais, ceux cachés derrière le « Maestro » !). 

Après cela, petit café sur le pouce d’un comptoir et hop là, au musée du Verre. Celui-ci retrace l’histoire du Verre à Murano et nous fait profiter de pièces très belles, certaines ne datant pas d’hier (ni d’avant-hier d’ailleurs !). On y apprend aussi que la spécificité du verre ici réside dans le sable qui est utilisé et les autres matières qui lui donnent sa texture si extraordinaire.

Après cela, nous avons bien évidemment visité des lieux Saints (Basilica Dei Santi Maria e Donato, puis Chiesa di San Petro Martire) qui nous ont plongés une fois de plus dans la piété de Venise, alors que la République d’antan avait pourtant décrété la séparation de l’Église et de l’État il y a bien longtemps ! Nous avons finalement rejoint le Faro et admiré les sculptures en verre qui ornent la berge (ainsi que les bateaux Findus) avant de remonter dans le Vaporetto qui nous a conduits à l’île suivante, la fameuse Burano.

Ici, pas besoin de régler l’appareil photo sur Vivid. Pour peu qu’il y ait un rayon de soleil, les couleurs et les lumières sont effarantes ! L’île est assez petite donc il est difficile de sortir des sentiers battus mais là, il y avait urgence MIAM, alors on a suivi le flot des touristes. Ne tenant pas compte des idées reçues et des commentaires sur la bonne bouffe italienne, nous avons décidé de tester, pour vous, en exclusivité, le fast-food local. Ici, pas de hamburger ou de hot-dog, mais des grandes, très grandes parts de pizza. Alors OK, on a accompagné ça de frites (patatines) et arrosé le tout de Coca (zéro) mais quand même, on a trouvé le concept très sympa (rapide, pas cher, bon… que demander de plus ?!). Le bedon rempli, nous avons continué la visite et cette fois-ci, il nous a été plus aisé d’éviter les autres touristes qui mangeaient, eux ! Nous nous sommes enfoncés dans des petites rues sinueuses, avons longé la côte, pris le soleil (2min25 !) au bord de l’eau et avons ensuite rejoint le musée de la Dentelle. Ce dernier se visite assez rapidement (surtout aux heures de repas) et nous remplit d’humilité face à la délicatesse et à la précision de ce travail de titan. On aime ou on n’aime pas le résultat mais on ne peut pas être insensible à ces ouvrages impressionnants de minutie et demandant tant de patience (donc pas du tout pour moi, hihihi !!!). Un contraste assez sympa, c’est celui qui oppose les photos des écoles de la dentelle du début du XXème siècle, où figurent exclusivement des jeunes – voire très jeunes – filles, et les dentelières actuelles qui sont de vieilles – très vieilles dames (mais très gentilles et avec des yeux et des lunettes de lynx !).
En sortant de là, nous nous sommes laissés tentés par une délicieuse Gelatti et nous avons continué notre marathon d’escargots (parce que beaucoup de kilomètres parcourus très lentement, histoire de tout bien voir !!). Nous avons suivi des canaux déserts, ne nous laissant guider que par les couleurs des maisons. Nous avons appris les origines de ces peintures mais, comme les avis divergent sur ce sujet, non ne dévoilera rien ! Tout ce qu’on peut dire, c’est que les résidents sont tenus de faire repeindre leurs demeures tous les ans en respectant la couleur d’origine sous peine d’amende ! 

Arrivés au bout de l’île, nous avons fait demi-tour dans l’espoir de pouvoir visiter la Chiesa San Martiro Vescovo mais il n’était pas encore 15hrs alors nous avons trouvé portes closes (l’apéro ne devait pas encore être terminé pour les moines !). Qu’à cela ne tienne, on continue ! Et c’est ainsi que nous avons traversé un joli pont de bois (qui tenait très bien) reliant Burano à la petite Mazzorbo. C’est un peu une île dortoir. C’est très très très très très calme et tout autant coloré que sa grande sœur voisine. Nous en avons fait le tour entier et, à mi-chemin (ou à l’extrémité de la pointe, ce qui revient au même), nous sommes tombés sur une toute petite église (encore une) qui était ma foi bien charmante. Là, nous avons pu prendre l’autre rive de Mazzorbo et trouver le cimetière des îles du nord qui n’a, à vrai dire, rien à envier à celui de San Michele, visité le matin même. Par contre, il y reste davantage de concessions vides et on a eu la sensation qu’il y avait beaucoup plus de « petits carrés blancs »… peut-être était-ce du au fait que le lieu était vraisemblablement plus petit.
Le tour fait, nous avons retrouvé l’île de Burano pour y reprendre la Vaporetto direction la Sérénissime, avec les mêmes touristes que le matin. Bon, pendant le trajet, quelques rigolades lorsque j’ai sorti une série d’âneries plus grosses que moi, comme confondre une île avec une autre (on a failli descendre à Murano, on aurait été bien embêtés pour la nuit !) et j’ai aussi expliqué par A+B à Emmanuel que j’en avais marre d’être entourée de Français tout le temps. Je vous laisse deviner la nationalité des personnes qui nous entouraient. Bref, ça nous a fait rire et ça a fait passer le temps… 

Quand nous sommes finalement arrivés à Venise par la Fondamente Nuove, nous avons eu beaucoup de chance car la lumière du soleil couchant nous accompagnait. Via des détours et des crochets, nous avons rejoint la place San Marco en repassant par le Pont des Soupirs en consorts. Les photos seront absolument superbes ! Et il vrai que dès que l’heure – et la météo – change(nt), on a vraiment l’impression de redécouvrir des choses et des lieux que nous avions pourtant déjà vus plusieurs fois ! Nous avons donc pris un peu de temps pour parcourir la grande place (cette fois-ci les pieds au sec) et changer de perspective.


L’heure tournant, nous nous sommes décidés à aller dîner. Comme nous avions fait ceux de Vegas et de New-York, nous avons marqué d’une croix le Hard Rock Café de la cité des Doges. Valeur sûre et validée à de nombreuses reprises :
        Cadre ok,
Musique ok,
Service ok,
Miam ok,
Prix ok…

Restaurés, rassasiés, nous avons éliminé en retournant au Rialto, de nuit cette fois. Nous terminions  par là où avait commencé la journée. Le retour à l’hôtel ne s’est pas fait par le chemin le plus court et le plus rapide mais nous étions tout de même de retour à piazza avant 22:00. Il ne nous aura pas fallu longtemps pour trouver le bouton dodo !...

~        Rialto
~        Petit Déjeuner
~        Fondamente Nuove
~        Cimetero San Michele
~        Murano : Manufacture de Verre, Musée du verre, Santa Maria e Donato, San Pietro Martire, Faro,…
~        Burano : Miam, en entier, Museo del Merletto, Gelatti
~        Mazzorbo : Tour entier de l’île, Eglise Santa Catarina, Cimetière
~        Fondamente Nuove : San Francesco de la Vigna, Arsenal et musée, Riva jolie avec belles lumières, San Marco
~        Hard-Rock Café à Rialto à dodo…

Primo Giorno !


18-03-2013

Ah la la, qu’est-ce qu’il pique ce réveil à 4:30 du matin ! Il faut dire aussi que j’ai réservé un vol à 7:00, en partance de Paris Orly, et qu’il faut y être au minimum une heure avant pour l’enregistrement. Enfin, 7:00, c’est l’horaire que j’avais communiqué, pour être sûre de ne pas arriver en retard pour un départ réel à 7:20 !
Voyager avec Easy Jet, c’est assez simple, à partir du moment où en rentre dans le cadre très strict du sac unique ; le seul point négatif de ce trajet Paris-Venise, c’est que nous n’étions pas assis côte à côte dans l’Airbus A 320. Mais comme nous nous apprêtions à passer une semaine ensemble, 24/7, on a pu supporter aisément ce petit « temps calme ». Quelques turbulences au dessus des Alpes et un tympan qui menace d’exploser plus tard, nous arrivâmes enfin à l’aéroport de Venise Marco Polo. 
Là ont réellement commencé nos aventures, de manière presque immédiate puisque nous devions savoir où retirer nos cartes de transports en commun (pour pouvoir rejoindre le centre de la cité et nous y déplacer sans contrainte toute la semaine), précédemment achetées sur Internet. Du stand ACTV (la RATP locale, version fluviale) à celui de l’Office du Tourisme, nous avons été baladés pendant un bon bout de temps avant de nous retrouver un peu par hasard devant une machine et un gros Monsieur qui nous a édité nos billets en deux temps-trois mouvements, avant de nous indiquer le bon bus. Et c’est donc par la route que nous avons, en premier lieu, découvert Venise.
            Bon, là, je fais une petite pause pour apporter une précision. En fait, une seule de nous deux découvre pour la première fois la cité Vénitienne. Mais comme il s’agit ici d’un voyage en amoureux, on fait table rase du passé et on fait comme si nous étions tous les deux vierges de la Sérénissime. Je reprends…
           
            Le bus, donc. Sous la pluie. Après ça, premier voyage en Vaporetto depuis la Gare Routière, Piazzale Roma, jusqu’à la place San Marco. Sous la pluie  Arrivée sur la place, déambulation et premiers émerveillements, en recherche de notre hôtel (bien caché). Sous la pluie ; dépôt des bagages, prise de la chambre, retour dans la rue pour trouver où déjeuner. Sous la pluie.
Bien évidemment, comme tous les touristes, nous sommes allés de suite à San Marco et nous avons marché dans l’eau montante de la Aqua Alta. Et comme tous les touristes, nous avons pris la rue des restaurants pour rentrer dans celui qui nous semblait le plus joli, sans même regarder la carte. Et comme tous les touristes, on a eu notre premier repas « piège à touristes ». MAIS, le cadre était sympathique, les Spaghetti Carbonara assez bonnes (fameuses même, d’après Manu le spécialiste) et le café… italien donc divin !

            Après ce bon repas, nous sommes ressortis Sous la pluie, avons repris le chemin de la place San Marco, mais nous n’avons pas pu la traverser pour cause d’inondation. Ce qui, juste avant d'aller manger, n’était qu’une petite flaque, s'est transformé en un véritable lac ! C’était somme toute assez rigolo, car il fallait prendre les passerelles, comme des petits ponts montés en quatrième vitesse (et avec une efficacité remarquable) par les agents municipaux.
Notre destination : le Musée Correr. Après avoir l’acquisition de nos Venice Card (la carte des touristes) et avoir perdu un peu de temps pour déposer les sacs à dos au vestiaire, nous avons papoté avec un guichetier polyglotte extraordinaire et avons ensuite commencé la visite de ce très joli Palazzo qui retrace l’Histoire de Venise avec une attention particulière pour Sissi, Impératrice, qui y a vécu quelques temps lorsque la Cité des Doges était sous dépendance autrichienne.

            Lorsque nous sommes sortis du Correr, miracle, il ne pleuvait plus. Mais nous n’avons quand même pas pu traverser la place car l’eau n’avait pas descendu. Comme nous nous étions déjà bien mouillés les pieds en venant, on a décidé de ne pas retenter l’aventure et de prendre un autre itinéraire. Et là, on a bien profité ! Finis les circuits touristiques, nous nous sommes laissés portés par nos pieds mouillés, ne regardant la carte que lorsque nous étions VRAIMENT paumés. Nous avons dû piétiner à travers tout le quartier San Marco. Le pont du Rialto, le Pallazzo Grassi, le Pont des Soupirs, les Chiesas, les Cortos, les Calles, les Campos, les Pontes,…malgré le temps humide (qui a mérité l’acquisition d’un bonnet, quand même !) et la fatigue qui commençait sérieusement à se faire sentir, nous avons fait ce que chaque touriste devrait faire à Venise : se perdre pour mieux se retrouver. Regarder en l’air et pas seulement ses pieds, repasser plusieurs fois au même endroit, ne serait-ce que pour apprécier les changements de couleurs… et surtout s’éloigner, s’éloigner le plus possible des Chinois, des Japonais, des Allemands, des Américains et surtout des Français pour découvrir ce que les guides touristiques ne décrivent pas assez…

            A 18:30, n’y tenant plus, un petit dîner rapide dans un petit endroit bien sympa où nous avons encore dégusté des spécialités (bon, des Carbos pour Manu, pour ne pas changer !) et au dodo. Nous avons retrouvé nos pénates à à peine 20:00, pleins de fatigue (malgré tous les cafés de la journée). Un petit tour sur Internet, un rapide coup de téléphone à St Thibault et Rompish ! Même les Italiens bavards de la chambre mitoyenne n’ont pas réussi à nous tenir en éveil !...


~        San Marco/ Musée Correr
                 Café Floran
~        Rialto/ Santa Maria Formosa
~        San Stefano (la tour penchée, bourrée comme on sait qui…)
~        Palazzo Fortuny/ Palazzo Grassi (« ah non, ce n’est pas possible, ce n’est pas par là, je ne l’ai pas vu !... »)
~        Ponte Dell’Accadamia
~        Teatro Fenice
~        …