mardi 26 mars 2013

Terzo Girono


20/03/2013



Ce matin, grasse matinée jusque 7:35. Nous avons été réveillés par la préparation du petit déjeuner, juste devant la porte de notre chambre. La douche prise en quatrième vitesse et le petit déjeuner avalé, nous nous apprêtions à partir quand nous avons été alpagués par le réceptionniste de l’hôtel. Sur le coup, nous nous sommes demandés si nous avions fait quelque chose de mal, une bêtise, mais en fait, non. Il voulait simplement savoir si nous serions OK pour changer de Locanda car il avait besoin de notre chambre de manière impromptue. Pas de problème, avons-nous répondu (on n’est pas des gens compliqués nous), juste le temps de monter rassembler nos affaires et de nous acquitter de la taxe de la ville et c’était tout bon. Et comme, en plus, nous sommes de piètres négociateurs, nous n’avons même pas demandé une quelconque rétribution, alors que ça aurait peut-être été une bonne occasion de faire un tour de bateau sur les canaux… bref, nous avons convenu que nous récupèrerions nos sacs et notre nouvelle chambre dans l’après-midi, en repassant à notre hôtel d’origine.

Le programme de la journée avait été défini par Emmanuel (avec mon aval, bien sûr) et devait nous faire découvrir des aspects moins connus de la cité, un peu plus éloignés des circuits touristiques et de l’Histoire Renaissance qui est généralement synonyme de la cité des Doges. Étape numéro « Uno », aller prendre le Vapo (comme disent les Vénitiens) pour rejoindre le quartier du Getto. Sauf qu’une envie plus que pressante me force à demander – à exiger même – un arrêt inopiné. Et c’est ainsi que nous nous sommes retrouvés sur le Mercato Dei Rialto. Après voir assouvis les besoins naturels (pipi) et primaires (café), nous avons particulièrement adoré vagabonder parmi les étalages colorés et odorants. Nous avons même découvert des variétés de fruits et légumes que nous ne connaissions pas ! De tous petits artichauts, d’énormes aubergines (grosses comme des ballons de football), d’étranges radis en forme de salades… dommage que nous n’ayons pas pu goûter mais on s’est régalés avec les yeux. Cela valait vraiment le coup de faire ce détour !
Après cette halte improvisée, nous avons enfin pu reprendre l’itinéraire initial, un peu réaménagé cependant. Nous avons flâné jusqu’à la Chiesa San Giacomo Del Orio, joliment entourée de platanes, idéale pour se poser un petit peu, surtout que grâce au chocolat blanc qu’Emmanuel avait dans le ventre et au magnifique et tout nouveau foulard que j’avais autour du coup, nous ne risquions pas d’attraper froid ! En plus, il y avait un accès wifi à proximité, donc parfait pour donner des nouvelles et en prendre !
Nous avons ensuite marché jusqu’au Casino puis [la Chiesa Madonna Del Orto que nous n’avons malheureusement pas pu visiter (c’est bien la seule jusqu’à présent)]… AH !!! Accidenti ! Je me suis trompée dans la chronologie !! En fait, avant d’arriver à l’église de la Madonna, nous avons été jusqu’au Biasio où nous avons pris le Vaporetto pour un tout petit trajet (d’un seul arrêt, juste de quoi traverser le Grand Canal). De l’autre côté de la rive, nous avons été jusqu’au Getto, objectif de notre périple de la matinée !

Sur la grande place de ce quartier historiquement juif, nous avons été frappés par la configuration des lieux qui faisaient vraiment penser à des cages à lapins. Nous avons appris par la suite que c’était effectivement un peu ça, l’idée, et que, pendant très longtemps, les juifs de Venise, les impurs, étaient cantonnés – voire parqués – à ce petit morceau de terre au milieu de la cité et n’avaient pas là possibilité d’en sortir en dehors des heures de bureau. D’ailleurs, les ponts y menant étaient amovibles et il y a encore les traces des grilles qui fermaient tous les accès à ce secteur. Nous avons visité le musée Hébraïque mais notre Venice Card ne nous a pas permis de pénétrer dans la Synagogue. Emmanuel a bien tenter de gruger mais on s’est vite dit que ce ne serait pas raisonnable et nous avons accepté. De toute façon, il en fallait plus pour nous décontenancer et nous avons donc continué la visite.
Fidèles à nos habitudes, nous avons emprunté le chemin le plus long pour rejoindre le Chiesa Madonna etc.… on notera que, pour une fois, nous y avons admiré la représentation de notre Archange préféré, Gabriel (qui ici est un ange fille, pour de vrai !!). Ah ! Il faut dire qu’ici, la star, c’est Saint Theodore (qui ressemble comme deux gouttes d’eau à saint Michel sauf qu’il ne terrasse pas un dragon, mais une espère de gros iguane). Bref, magnifique lieu de culte et si son ramage se rapporte à son plumage, ça doit vraiment être le top de l’Église Vénitienne (et on en a vu des Églises, ces trois derniers jours !!).

Nos pieds nous ont ensuite portés vers San Sofia. Soyons honnêtes, on avait l’intention d’aller manger au seul Mac Donald’s de Venise. Mais lorsque nous y sommes arrivés, nous nous sommes rendu compte du ridicule de cette envie et nous nous sommes finalement rabattus sur le même type de fast-food à l’Italienne qu’hier et c’était bien, très bien même ! Histoire de brûler les calories ingérées, et parce que la météo avait prédit de la pluie pour ce mercredi, nous avons été jusqu’à la place San Marco pour effectuer la suite du programme que nous nous étions fixés. Cet après-midi, nous avions prévu des lieux fermés. Ainsi, nous avons commencé par visiter la Basilique et, il faut le dire, ce n’était pas tout à fait ce à quoi nous nous attendions. Mais nous avons été impressionnés par la magnificence des lieux, la grandeur et le doré, tout à fait Rococo ! Nous nous sommes même offerts le bonus Les Trésors de San Marco, composés de reliques, d’objets ayant appartenus à des Papes et même des ossements ! Comme nous sommes Français (bah ouai, pas de bol !), je pense que nous pouvons maintenant grogner un peu et être fidèles à la réputation de nos concitoyens : on a eu la sensation, dans la Basilique, d’être les seuls à respecter l’interdiction de photographier. Certains prenaient même appui sur les panneaux d’affichage « No Picture » pour faire leurs clichés ! Du coup, on a un peu honte mais nous avons-nous aussi dérogé à la règle et avons pris quelques photos, sans flash tout de même car nous sommes téméraires mais pas audacieux !

Ensuite, nous avons visité le Palais Ducal. Il ne pleuvait toujours pas dehors (dedans non plus vous me direz !). Cette petite bicoque est, à proprement parlé, EXTRAORDINAIRE ! C’est vraiment gigantesque, magnifique, surprenant ! Je me verrais bien vivre dans un truc comme ça, à condition de ne pas devoir m’occuper du ménage, s’entend !
On comprend mieux comment la cité fonctionnait en autonomie. Le système judiciaire était drôlement bien ficelé et les Vénitiens n’avaient qu’à bien se tenir, vu les geôles de prison (auxquelles ont accède et on sort en passant DANS le Pont des Soupirs. Bref, mieux valait être dehors que dedans !
Nous avons vu (et admiré) la plus grande toile du monde, dans la non moins grande Salle du Conseil et, dans l’armurerie, parmi toute la collection, l’élément qui nous a le plus interloqués a été la ceinture de chasteté. Il n’y avait plutôt pas intérêt à vouloir passer outre, ça ne faisait mal rien qu’à la regarder !
Visite superbe, donc ! Ah ! J’y pense, je n’ai pas encore mentionné l’importance du symbole du Lion ici à Venise. C’est impressionnant, il est absolument partout ! Le Palais des Doges ne fait pas exception et nous en avons vu beaucoup, plus ou moins gros, plus ou moins beaux. Ils nous ont tous fait penser à notre petite Lionne préférée.

Sortis du Palazzo, nous avons fait l’ascension du Campanile, à quelques pas de là. Soyons transparents, ici, grosse déception. Certes, la vue d’en haut est splendide, mais on a vite fait le tour et nous avons trouvé le prix excessif par rapport à ce que c’est, surtout que nous avons fait mieux de par le passé, lors de nos précédents voyages (on pourrait se demander si on ne devient pas un peu blasé, des fois, mais la suite vous prouvera que non !!). Mais, on est aussi sûrs que nous aurions regretté de ne pas y être montés, et, d’en haut, rien n’est pareil, tout est plus beau !
En descendant, re-tour de San Marco, pour se faire mal aux yeux devant le fameux Café Floran. C’est vrai que c’est joli, mais quand même, est-ce bien raisonnable ? Notre cappuccino, nous l’avons bu quelques rues plus loin et il était tout aussi bon. Dans ce petit troquet qui ne payait pas de mine, nous avons pris le temps d’écrire quelques cartes postales et de discuter, de regarder, d’apprécier. Comme il commençait à tomber quelques gouttes, nous avons vite rejoint l’hôtel numéro 1 pour récupérer les valises et entrer en possession de notre chambre, à l’hôtel 2 (pour ne pas nous embrouiller, on avait le même numéro de chambre, 103…). Comme je l’ai exprimé plus haut, j’avais le secret espoir qu’on nous conduirait de l’un à l’autre en bateau, mais non, tant pis ! Au moins, nous n’avions pas à monter les sacs puisque les employés de l’hôtel avaient déjà fait le nécessaire.
Bon, le propriétaire, la visite guidée, ce n’est pas son truc. Mais il était sympa et son attention de nous prêter un parapluie (grand comme un parasol) était charmante. Notre nouvelle mansarde, c’était bon, tout était dedans. Une pause en attendant une heure décente pour aller dîner et nous sommes ressortis. Nos repaires avaient changé mais nous avons quand même trouvé un endroit correct où nous restaurer, juste à côté du Teatro Municipal (à ne pas confondre avec La Fenice). Je me suis essayée aux calamars frits et Emmanuel, friand de nouvelles aventures, a pris des Carbonara (c’est vrai que ça change, mouarf, mouarf, mouarf !...). Forcément, en rentrant, on s’est un peu perdus. Donc re-re-re San Marco. Ce qui a été dit précédemment étant une nouvelle fois avéré, puisque c’était une nouvelle facette de la Piazza que nous avons remarqué, souligné par le fait qu’en plus, elle était quasiment vide de tous les touristes qui l’envahissent en journée.
Nous aurions aimé trouver un endroit où prendre un petit dessert mais après tout le chemin parcouru aujourd’hui, la fatigue a pris le pas (c’est le cas de le dire) sur la gourmandise et c’est tout naturellement que nous nous sommes retrouvés à l’hôtel (presque sans chercher et, bien sûr, en passant devant le 1er !). La journée du lendemain serait chargée et, malgré le fait que le grand beau soleil avait été hier, nous sentions les couleurs sur notre visage… ce devait être le décalage horaire ! (ok, je suis fatiguée, je me tais maintenant !!).

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