20/03/2013
Ce matin, grasse matinée jusque 7:35. Nous avons
été réveillés par la préparation du petit déjeuner, juste devant la porte de
notre chambre. La douche prise en quatrième vitesse et le petit déjeuner avalé,
nous nous apprêtions à partir quand nous avons été alpagués par le
réceptionniste de l’hôtel. Sur le coup, nous nous sommes demandés si nous
avions fait quelque chose de mal, une bêtise, mais en fait, non. Il voulait
simplement savoir si nous serions OK pour changer de Locanda car il avait besoin de notre chambre de manière impromptue.
Pas de problème, avons-nous répondu (on n’est pas des gens compliqués nous),
juste le temps de monter rassembler nos affaires et de nous acquitter de la
taxe de la ville et c’était tout bon. Et comme, en plus, nous sommes de piètres
négociateurs, nous n’avons même pas demandé une quelconque rétribution, alors
que ça aurait peut-être été une bonne occasion de faire un tour de bateau sur
les canaux… bref, nous avons convenu que nous récupèrerions nos sacs et notre
nouvelle chambre dans l’après-midi, en repassant à notre hôtel d’origine.
Le programme de la journée avait été défini
par Emmanuel (avec mon aval, bien sûr) et devait nous faire découvrir des
aspects moins connus de la cité, un peu plus éloignés des circuits touristiques
et de l’Histoire Renaissance qui est généralement synonyme de la cité des
Doges. Étape numéro « Uno », aller prendre le Vapo (comme disent les Vénitiens) pour rejoindre le quartier du Getto. Sauf qu’une envie plus que
pressante me force à demander – à exiger même – un arrêt inopiné. Et c’est
ainsi que nous nous sommes retrouvés sur le Mercato
Dei Rialto. Après voir assouvis les besoins naturels (pipi) et primaires
(café), nous avons particulièrement adoré vagabonder parmi les étalages colorés
et odorants. Nous avons même découvert des variétés de fruits et légumes que
nous ne connaissions pas ! De tous petits artichauts, d’énormes aubergines
(grosses comme des ballons de football), d’étranges radis en forme de salades…
dommage que nous n’ayons pas pu goûter mais on s’est régalés avec les yeux. Cela
valait vraiment le coup de faire ce détour !
Après cette halte improvisée, nous avons
enfin pu reprendre l’itinéraire initial, un peu réaménagé cependant. Nous avons
flâné jusqu’à la Chiesa San Giacomo Del
Orio, joliment entourée de platanes, idéale pour se poser un petit peu,
surtout que grâce au chocolat blanc qu’Emmanuel avait dans le ventre et au
magnifique et tout nouveau foulard que j’avais autour du coup, nous ne
risquions pas d’attraper froid ! En plus, il y avait un accès wifi à
proximité, donc parfait pour donner des nouvelles et en prendre !
Nous avons ensuite marché jusqu’au Casino puis [la Chiesa Madonna Del Orto que nous n’avons malheureusement pas pu
visiter (c’est bien la seule jusqu’à présent)]… AH !!! Accidenti !
Je me suis trompée dans la chronologie !! En fait, avant d’arriver à l’église
de la Madonna, nous avons été jusqu’au Biasio
où nous avons pris le Vaporetto pour
un tout petit trajet (d’un seul arrêt, juste de quoi traverser le Grand Canal). De l’autre côté de la
rive, nous avons été jusqu’au Getto,
objectif de notre périple de la matinée !
Sur la grande place de ce quartier
historiquement juif, nous avons été frappés par la configuration des lieux qui
faisaient vraiment penser à des cages à lapins. Nous avons appris par la suite
que c’était effectivement un peu ça, l’idée, et que, pendant très longtemps, les
juifs de Venise, les impurs, étaient
cantonnés – voire parqués – à ce petit morceau de terre au milieu de la cité et
n’avaient pas là possibilité d’en sortir en dehors des heures de bureau. D’ailleurs, les ponts y menant
étaient amovibles et il y a encore les traces des grilles qui fermaient tous
les accès à ce secteur. Nous avons visité le musée Hébraïque mais notre Venice
Card ne nous a pas permis de pénétrer dans la Synagogue. Emmanuel a bien
tenter de gruger mais on s’est vite
dit que ce ne serait pas raisonnable et nous avons accepté. De toute façon, il
en fallait plus pour nous décontenancer et nous avons donc continué la visite.
Fidèles à nos habitudes, nous avons emprunté
le chemin le plus long pour rejoindre le Chiesa
Madonna etc.… on notera que, pour une fois, nous y avons admiré la représentation
de notre Archange préféré, Gabriel
(qui ici est un ange fille, pour de vrai !!). Ah ! Il faut dire qu’ici,
la star, c’est Saint Theodore (qui ressemble comme deux gouttes d’eau à saint
Michel sauf qu’il ne terrasse pas un dragon, mais une espère de gros iguane). Bref,
magnifique lieu de culte et si son ramage se rapporte à son plumage, ça doit
vraiment être le top de l’Église Vénitienne (et on en a vu des Églises,
ces trois derniers jours !!).
Nos pieds nous ont ensuite portés vers San Sofia. Soyons honnêtes, on avait l’intention
d’aller manger au seul Mac Donald’s de Venise. Mais lorsque nous y sommes
arrivés, nous nous sommes rendu compte du ridicule de cette envie et nous nous
sommes finalement rabattus sur le même type de fast-food à l’Italienne qu’hier et c’était bien, très bien même !
Histoire de brûler les calories ingérées, et parce que la météo avait prédit de
la pluie pour ce mercredi, nous avons été jusqu’à la place San Marco pour effectuer la suite du programme que nous nous étions
fixés. Cet après-midi, nous avions prévu des lieux fermés. Ainsi, nous avons
commencé par visiter la Basilique et,
il faut le dire, ce n’était pas tout à fait ce à quoi nous nous attendions. Mais
nous avons été impressionnés par la magnificence des lieux, la grandeur et le
doré, tout à fait Rococo ! Nous nous
sommes même offerts le bonus Les Trésors
de San Marco, composés de reliques, d’objets ayant appartenus à des Papes
et même des ossements ! Comme nous sommes Français (bah ouai, pas de bol !),
je pense que nous pouvons maintenant grogner un peu et être fidèles à la
réputation de nos concitoyens : on a eu la sensation, dans la Basilique, d’être les seuls à respecter
l’interdiction de photographier. Certains prenaient même appui sur les panneaux
d’affichage « No Picture » pour faire leurs clichés ! Du coup,
on a un peu honte mais nous avons-nous aussi dérogé à la règle et avons pris
quelques photos, sans flash tout de même car nous sommes téméraires mais pas
audacieux !
Ensuite, nous avons visité le Palais Ducal. Il ne pleuvait toujours
pas dehors (dedans non plus vous me direz !). Cette petite bicoque est, à proprement parlé,
EXTRAORDINAIRE ! C’est vraiment gigantesque, magnifique, surprenant !
Je me verrais bien vivre dans un truc comme ça, à condition de ne pas devoir m’occuper
du ménage, s’entend !
On comprend mieux comment la cité
fonctionnait en autonomie. Le système judiciaire était drôlement bien ficelé et
les Vénitiens n’avaient qu’à bien se tenir, vu les geôles de prison (auxquelles
ont accède et on sort en passant DANS le Pont
des Soupirs. Bref, mieux valait être dehors que dedans !
Nous avons vu (et admiré) la plus grande
toile du monde, dans la non moins grande Salle
du Conseil et, dans l’armurerie, parmi toute la collection, l’élément qui
nous a le plus interloqués a été la ceinture de chasteté. Il n’y avait plutôt
pas intérêt à vouloir passer outre, ça ne faisait mal rien qu’à la regarder !
Visite superbe, donc ! Ah ! J’y
pense, je n’ai pas encore mentionné l’importance du symbole du Lion ici à
Venise. C’est impressionnant, il est absolument partout ! Le Palais des Doges ne fait pas exception
et nous en avons vu beaucoup, plus ou moins gros, plus ou moins beaux. Ils nous
ont tous fait penser à notre petite Lionne préférée.
Sortis du Palazzo,
nous avons fait l’ascension du Campanile,
à quelques pas de là. Soyons transparents, ici, grosse déception. Certes, la
vue d’en haut est splendide, mais on a vite fait le tour et nous avons trouvé
le prix excessif par rapport à ce que c’est, surtout que nous avons fait mieux
de par le passé, lors de nos précédents voyages (on pourrait se demander si on
ne devient pas un peu blasé, des fois, mais la suite vous prouvera que non !!).
Mais, on est aussi sûrs que
nous aurions regretté de ne pas y être montés, et, d’en haut, rien n’est
pareil, tout est plus beau !
En descendant, re-tour de San Marco, pour se faire mal aux yeux
devant le fameux Café Floran. C’est
vrai que c’est joli, mais quand même, est-ce bien raisonnable ? Notre
cappuccino, nous l’avons bu quelques rues plus loin et il était tout aussi bon.
Dans ce petit troquet qui ne payait pas de mine, nous avons pris le temps d’écrire
quelques cartes postales et de discuter, de regarder, d’apprécier. Comme il
commençait à tomber quelques gouttes, nous avons vite rejoint l’hôtel numéro 1
pour récupérer les valises et entrer en possession de notre chambre, à l’hôtel
2 (pour ne pas nous embrouiller, on avait le même numéro de chambre, 103…). Comme
je l’ai exprimé plus haut, j’avais le secret espoir qu’on nous conduirait de l’un
à l’autre en bateau, mais non, tant pis ! Au moins, nous n’avions pas à
monter les sacs puisque les employés de l’hôtel avaient déjà fait le
nécessaire.
Bon, le propriétaire, la visite guidée, ce n’est
pas son truc. Mais il était sympa et son attention de nous prêter un parapluie
(grand comme un parasol) était charmante. Notre nouvelle mansarde, c’était bon,
tout était dedans. Une pause en attendant une heure décente pour aller dîner et
nous sommes ressortis. Nos repaires avaient changé mais nous avons quand même
trouvé un endroit correct où nous restaurer, juste à côté du Teatro Municipal (à ne pas confondre
avec La Fenice). Je me suis essayée
aux calamars frits et Emmanuel, friand de nouvelles aventures, a pris des
Carbonara (c’est vrai que ça change, mouarf, mouarf, mouarf !...). Forcément,
en rentrant, on s’est un peu perdus. Donc re-re-re San Marco. Ce qui a été dit précédemment étant une nouvelle fois
avéré, puisque c’était une nouvelle facette de la Piazza que nous avons remarqué, souligné par le fait qu’en plus,
elle était quasiment vide de tous les touristes qui l’envahissent en journée.
Nous aurions aimé trouver un endroit où
prendre un petit dessert mais après tout le chemin parcouru aujourd’hui, la
fatigue a pris le pas (c’est le cas de le dire) sur la gourmandise et c’est
tout naturellement que nous nous sommes retrouvés à l’hôtel (presque sans
chercher et, bien sûr, en passant devant le 1er !). La journée
du lendemain serait chargée et, malgré le fait que le grand beau soleil avait
été hier, nous sentions les couleurs sur notre visage… ce devait être le
décalage horaire ! (ok, je suis fatiguée, je me tais maintenant !!).
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