jeudi 4 avril 2013

Quarto Giorno



21/03/2013

Ce matin, réveil en douceur à 7 :20. Comme d’habitude, douche, petite déjeuner, départ. Pas d’imprévu pour aujourd’hui ! Nous avons rejoint une nouvelle fois le marché du Rialto, cette-fois-ci à pied, pour nous assurer que tout était bien en place. Comme il était nettement plus tôt qu’hier, tout n’était pas encore installé mais il y avait aussi moins de monde, ce qui nous a permis de passer davantage de temps à regarder les étals de poissons (certains bougeaient encore, brrr !...) et de noter quelques détails que nous n’avions pas vus lors de notre premier passage (comme par exemple la plaque instituant les règles du marché au poisson, c’est vraiment drastique !). De là, nous nous sommes lancés (à mon insu) à la recherche d’un pont qu’Emmanuel voulait absolument voir, même s’il n’arrêtait pas de me répéter qu’il était insignifiant. Il s’agissait du Ponte Del Tette, historiquement le pont les prostituées. On ne l’a pas trouvé et, bizarrement, il était le seul déçu, allez savoir pourquoi.
Après une petite explication sur le caractère relativement antiromantique de cette quête, nous nous sommes mis d’accord sur la prochaine étape et c’est ainsi que nous sommes arrivés aux alentours de San Maria Dei Frare.
Cette Chiesa, particulièrement gigantissime, renferme quelques tombes impressionnantes, telles que celle de Canova (en pyramide), d’un Doge de Venise (avec des esclaves noirs et des squelettes),… des tombes aussi grandes, ça cache forcément un petit problème d’ego ! Nous avons aussi pu admirer des toiles très grandes et très belles. D’ailleurs, nous avons été jusqu’à acheter quelques cartes pour nous en souvenir car ici aussi, les photos sont interdites (ah bon ?).
En sortant de là, nous avons été prendre un café (Macchiatto pour changer) puis nous sommes partis visiter la Scuala Grande di San Rocco. Comme nous sommes des touristes bêtes à manger du foin, nous avons payé sans discuter les 10 € par personne réclamés par la guichetière (nous nous sommes rendu compte pas la suite que nous aurions pu avoir une réduction grâce à notre Venice Card). On a un peu grincé des dents mais, que voulez-vous, c’est Venise ! Bref.
A l’intérieur de ce bâtiment à la gloire de Saint Roch, des peintures, encore et encore, et des fresques. Les salles et les plafonds peints sont tellement immenses que des miroirs (grossissants) sont mis à disposition des visiteurs pour pouvoir regarder tous les détails sans se dévisser la tête. Et c’est vrai que c’est beaucoup plus facile comme ça, on profite mieux du spectacle ! En baissant les yeux, on admire les frises en bois qui représentent les vices et les vertus et sculptées dans le bois. Ce travail très méticuleux est vraiment très saisissant et très détaillé !
C’est très joli ! Mais on a vite fait le tour quand même et le rapport qualité-prix est à revoir. Mais on s’est rattrapés car, juste en sortant, nous sommes tombés sur une exposition temporaire sur les inventions du grand Leonardo da Vinci. Nous avons suivi les panneaux Entrée et Visite et avons vraiment apprécié tout ce que nous avons vu, spécialement la cage aux miroirs et l’ancêtre du tank imaginé par le génie. Une fois passée la sortie, nous nous sommes rendu compte que nous n’avions pas payé. Tant pis, ça aura égalisé  la donne avec la visite précédente. En comme, en plus, on n’avait pas vu qu’il fallait s’acquitter d’un droit d’entrée, ce n’est qu’une demi-faute !

Revigorés par toutes ces belles choses, nous avons rejoint le Campo et la Chiesa San Pantalon (et sans chemise ?) que nous n’avons pas visitée, on a juste bien rigolé ; puis la Chiesa San Margarita (avec supplément de parmesan)… Nous sommes passés devant la Chiesa Carmini puis à San Barnaba pour arriver, en fin de matinée, au Palazzo Ca’Rezzonico.
Après avoir vérifié que celui-là était bien notifié dans notre Venice Card (parce que quand même, on commence à en avoir marre !), nous avons décidé de le visiter. Cela valait vraiment le détour ! Beaucoup de fresques colorées et lumineuses aux plafonds et des peintures, plus ou moins religieuses (il y a d’ailleurs une Pinacothèque au troisième étage qui trace une chronologie de la Cité des Doges à travers les différents courants artistiques, magique !!). Salle de bal, boudoir, chambres, salles de réception et du trône (pourtant, il n’y avait pas de tête couronnée dans cette famille, juste, encore, un petit problème d’ego surdimensionné à priori)… C’est dingue ce que les Vénitiens fortunés pouvaient faire (faire) à l’époque, tout ça pour en jeter un peu. C’était une admirable visite et on a encore bien ri en voyant les autres visiteurs se faire houspiller parce qu’ils prenaient des photos (ils ne savent pas s’y prendre pour être discrets, voilà tout !).

Bon, ce n’est pas tout ça mais il commence à faire faim quand même ! Après avoir trouvé, de nouveau, un fast-food bien d’ici (délicieuse Calzone 4 Fromaggi), nous avons déambulé jusqu’à San Trevoso puis poussé jusqu’à l’Accademia dont nous avons fait deux ou trois fois le tour. Nous sommes montés sur le pont du même nom mais sans le traverser complètement car nous voulions continuer de ce côté-là du Grand Canal pour prendre les quais De Zattere. Chaleur, soleil, eau… tout ce qu’il faut pour se laisser tenter par une délicieuse Gelatti (trois boules chacun, na !) que nous avons dégustée en continuant de marcher, sans trop penser à là où on allait.
Et ce « là », c’était la Chiesa San Maria de la Salute et la Punta de la Dogana (pointe de la Douane). Immense église et pointe charmante (pointe aménagée d’un immense bâtiment – un musée – qui, soit dit en passant, appartient à Monsieur Pinault ; parlez-lui en lors de votre prochaine commande à La Redoute !).

Une fois vu (et apprécié) ce que l’on avait à voir (notamment la construction particulière de l’église, tout en rond !), nous avons pris le Vaporetto pour la première fois de la journée pour rejoindre Zaccaria où, après une rapide pause pipi-café, nous avons repris le bateau direction San Giorgio di Magiore. Encore une église, certes, mais particulièrement intéressante de part son Campanile en haut duquel une a une vue absolument sensationnelle de Venise. Comme il faisait très beau et que le ciel était dégagé,  on a vraiment profité du spectacle et on a même vu la chaîne de montagnes derrière la cité (les Dolomites ?). Après la descente, petite frayeur en pensant que nous (moi) avions perdu les lunettes de soleil, mais tout est rentré dans l’ordre et nous avons pu rejoindre la rive principale avec le Vapo après avoir marché un peu au bord de l’eau et du port de plaisance (ils en ont des jolis bateaux, les moines !).

En débarquant à Zaccaria, nous avons été tentés de presser le pas pour atteindre un musée avant sa fermeture mais nous nous sommes ravisés en pensant qu’il faudrait encore occuper a journée du lendemain et nous nous sommes donc laissés aller à rentrer dans l’église qui se trouvait par là, la Chiesa San Zaccaria. Nous avons vraiment bien fait car elle était sublime et on a adoré pouvoir descendre dans les catacombes qui regorgent toujours d’eau, été comme hiver. Ici, pas besoin de se cacher pour prendre des photos, en plus (toujours à condition de ne pas utiliser de flash) ; c’est vraiment très appréciable !
Du coup, on a pris notre temps. Petit goûter (à 17:30) à proximité et, comme nous avions des calories à brûler et de l’énergie à revendre, nous avons continué de marcher et de photographier. Sommes de nouveau passés par San Antonin (et son consulat Grec qui tombe autant en décrépitude que son pays), l’Arsenal (où nous avons croisé de vrais militaires italiens) et avons longé les quais avant de bifurquer sur la Via Grimaldi et de traverser les jardins municipaux pour rejoindre l’arrêt de Vaporetto Giardini. Le soleil était couchant (même plus que ça !) et c’est donc de nuit que nous avons remonté le Grand Canal jusqu’au Rialto. Aucun des deux appareils photo n’était en mesure de prendre des clichés nets, fort heureusement, il y avait le MacGyver des objectifs, j’ai nommé l’iPhone ! Grâce à lui, nous aurons des instantanés parfaits de ce que nous avons admiré tout au long de cette petite croisière de Venice di Notte.

Un rapide passage à l’hôtel pour nous débarrasser du superflu et pour arrêter le choix d’où nous voulions aller dîner en ce dernier soir à la Sérénissime et nous voilà repartis pour une adresse vivement conseillée par le Guide du Routard 2013, et on a vraiment compris pourquoi !
Ce petit restaurant, Antica Sacrestia Venezia, proposant pas moins de 60 sortes de pizzas différentes parmi tout un choix de plats typiques, est vraiment un « must-go ». C’est à se demander pourquoi nous n’avons pas ouvert le Routard avant pour décider où manger les repas précédents. Ça nous aurait évité bien des déceptions !...
Maintenant, il est tard et Emmanuel ronfle déjà à côté de moi. Demain, dernière journée de vacances avant le retour à la routine, tâchons d’en profiter !

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